JD Vance vient de devenir le premier vice-président en exercice depuis plus d’un siècle à avoir un nouveau-né pendant son mandat. Le quatrième enfant est arrivé dimanche. Grande nouvelle ? Bien sûr. Mais la véritable histoire n’est pas la naissance elle-même. C’est ce que Vance fera ensuite.
Il ne prend pas de congé paternité.
En mai, Vance a déclaré à NBC News qu’il renoncerait au congé parental formel. Son raisonnement ? La vice-présidence ne permet pas une déconnexion nette. C’est un travail où l’on ne se déconnecte jamais vraiment. Le bureau du vice-président est resté discret sur les arrangements quotidiens spécifiques. Mais l’implication est claire. Vance prévoit de s’en tenir au scénario. Le scénario où travaillent les pères. Les mères gèrent la maison.
Ce n’est pas seulement un choix personnel. C’est un signal politique. Et pour les pères américains, c’est une mauvaise situation.
Le mythe du travailleur « essentiel »
La décision de Vance renforce un mythe dangereux. Que certains hommes sont trop importants pour changer une couche. Que leur absence renforce la famille en assurant la stabilité grâce au seul revenu.
Les recherches suggèrent le contraire.
Lorsque des hommes de premier plan refusent un congé, ils normalisent une situation dans laquelle « les vrais hommes ne prennent pas de congé ». Selon Joan C. Williams, professeur de droit et directrice de WorkLife Law, cela accroît la stigmatisation entourant les congés. Les femmes se sentent obligées de rester parce que les hommes s’éloignent. C’est un piège. Une prophétie auto-réalisatrice d’inégalité.
“L’une des raisons pour lesquelles nous avons un faible taux de natalité est que, économiquement, c’est souvent la pire décision qu’une femme puisse prendre.”
Les femmes risquent des pénalités de carrière après avoir eu des enfants. Les hommes n’en font souvent face à aucun. Ou moins. En se retirant, Vance valide l’idée selon laquelle la paternité est secondaire par rapport à l’obligation professionnelle. Pour les papas ordinaires, ce message est assourdissant. Cela leur montre que leurs soins ne sont pas seulement facultatifs. Ce n’est pas pertinent.
Ce que font réellement les pères américains
Les données montrent que la plupart des pères sont déjà en difficulté. Les États-Unis n’ont pas de congé parental payé au niveau national. Les familles lésinent et se débrouillent en utilisant les lois de l’État ou les avantages sociaux des employeurs. Une enquête menée en 2026 auprès de plus de 5 000 parents a révélé une dure réalité.
- Le congé de paternité moyen n’est que de deux semaines.
- Une majorité de parents déclarent avoir pris moins de congés qu’ils ne le souhaitaient.
La plupart des pères ne choisissent pas de sauter un congé parce qu’ils sont trop occupés à sauver l’économie. Ils le font parce qu’ils le doivent. Vance a les ressources. Il a le luxe. Son refus de l’utiliser n’est pas une nécessité. C’est une préférence. Et les préférences des puissants se répercutent vers le bas.
Le coût pour les relations et les enfants
Sauter le congé de paternité ne nuit pas seulement à l’égalité des sexes. Cela nuit aux mariages.
Richard Petts, professeur de sociologie à la BallState University, étudie cette question depuis des années. Ses conclusions sont cohérentes. Les pères qui prennent au moins deux semaines de congé restent plus proches de leurs enfants pendant des années. Même neuf ans plus tard. Le lien tient.
Mais quand les papas restent au bureau ?
Les mères deviennent des expertes en matière de parentalité. Les pères deviennent les parents secondaires. Ils ratent la courbe d’apprentissage. Les premières semaines désordonnées et essentielles où la confiance se construit. Sans cette expérience partagée, les couples se fracturent. Petts a découvert qu’un congé de paternité court réduit le risque de dissolution de la relation. Le bénéfice dure. Cela persiste tout au long des années d’école primaire.
Pourquoi? Parce que les soins partagés réduisent le stress maternel. Cela signale un engagement. Cela permet aux pères de se sentir compétents. La confiance les maintient impliqués. L’absence les repousse.
“Lorsque les pères apprennent aux côtés des mères, ils se sentent plus en confiance. Cela les maintient engagés.”
Vance dit qu’il consacrera plus de temps à la maison après la naissance. Il aidera avec les enfants plus âgés. Bien. Mais ce n’est pas un congé. C’est un réarrangement. Le congé paternité est distinct. C’est un moment dédié au lien. Pour réinitialiser. Pour entrer pleinement dans le rôle de soignant sans l’ombre du bureau du vice-président.
Pourquoi c’est important pour vous
Vous pensez peut-être que les choix du vice-président Vance ne touchent pas votre vie. Mais ils le font. Son comportement fait référence. Cela indique aux autres pères que s’occuper de leur femme est le travail de leur femme. Leur passe-temps. Quelque chose à faire quand le temps presse.
D’autres pays abordent cette question différemment. Ils imposent des « quotas papas » à utiliser ou à perdre. Ils obligent les hommes à participer. Cela change la culture. Cela change les normes. Ici? Nous sommes coincés dans une boucle. Le congé est considéré comme une question de femmes. Un avantage facultatif pour les hommes.
Vance ne brise pas le cycle. Il le cimente.
Vue d’ensemble
Le débat ne concerne pas vraiment JD Vance. Il s’agit de savoir qui deviendra humain.
Lorsque les dirigeants refusent un congé, ils refusent à leurs collègues la permission de faire de même. Ils renforcent les rôles traditionnels de genre qui nuisent à tout le monde. Les hommes subissent la pression d’être les premiers soutiens de famille. Les femmes souffrent du « malus de la maternité ». Les enfants perdent les pères fiancés.
Vance retournera au travail. La vice-présidence ne s’arrêtera pas. Mais pour ceux qui nous regardent, le message est clair et net : les soins sont secondaires.
Est-ce l’exemple que nous voulons ?















